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› Publication : 6 août 2020

› Rédaction : Fred et Bernard Sœur

Que signifie pour vous larguer les amarres ?

Adieu les contraintes horaires, plus de montres, seules les dates de départ et de retour sont connues. Notre vie professionnelle nous donne des satisfactions, certes ! Les voyages en période de congés procurent l’excitation de la préparation, la joie au démarrage du véhicule avec ce fameux ronronnement que font les pneus MUD, les premiers jours de découverte et puis très vite l’idée du retour commence à apparaitre dans nos esprits. On profite encore des bivouacs, des visites, de la rando, de la baignade, et puis le retour est déjà en ligne de mire. Cette fois, nous disposions d’une année complète. Nous savions qu’un an plus tard nous reprendrions notre vie d’avant, mais d’abord, on aura le TEMPS ! Ce fichu temps, absent des voyages précédents, qui nous a toujours manqué pour une sérénité complète. Et bien là, la notion de temps disparait, on peut rouler, pique-niquer, visiter une église orthodoxe, s’arrêter admirer la vue sur des reliefs qui nous attirent pour les prochaines ascensions, croiser des gens du coin avec qui partager l’instant, se trouver un bivouac de rêve, tout simplement vivre un rêve.

La genèse du projet ?

Nos lectures comme T. Monod ou S. Tesson nous ont toujours attirés vers une route de la soie, avec un véhicule tout-terrain, forcément. Sortir des sentiers battus a été notre principe depuis le début des années quatre-vingts, seuls ou à quelques-uns parfois. L’appel des grands espaces en montagne ou dans les zones désertiques reste notre formule favorite. Et puis, il y a l’hémisphère Sud. Des distances tellement importantes qu’on n’y va pas pour trois semaines, du moins pas nous. Nos amis de Tahiti de 35 ans qui prennent l’avion comme nous allons au Maroc ou dans les Balkans, nous ont toujours parlé de la Nouvelle Zélande. Le désert australien est vite apparu lui aussi incontournable. Nouvelle Zélande, Australie, des contrées isolées par les océans Pacifique et Indien avec des origines ancestrales intrigantes que sont les Maoris ou Aborigènes.

Les premiers pas ensemble ?
Lorsque nous nous sommes rencontrés en 1983, nous avons immédiatement été d’accord sur le moyen de voyager, un véhicule tout-terrain équipé d’une tente de toit. Premières destinations, Andalousie, Portugal, puis l’appel de l’Afrique du Nord nous a conduits au Maroc avec la traversée de Gibraltar. Celle-ci, parait tellement évidente aujourd’hui mais à l’époque nous vivions une grande Aventure.

La monture ? Mais aussi un 2ème
type de locomotion ?

Pour ce grand voyage nous avons acheté un pick-up Japonais, un Isuzu d-max 3 litres diesel, avec peu d’électronique, d’une fiabilité à toute épreuve, peu ostentatoire, avec une cellule compacte réalisée sur mesures par Cartech en 2013. J’ai ajouté un treuil Warn, une deuxième roue de secours, deux plaques de désensablage, un cric Hilift, et quelques filtres d’avance. Tout cela a bien fonctionné et la conduite de ce véhicule était fort appréciable. A l’autre extrémité de la planète nous avons loué des fourgons aménagés et des voitures plus conventionnelles avec logements en dur, histoire de changer de formule. Ce que nous avons préféré le fourgon ou 4×4 en Australie pour la liberté de s’arrêter sur de très beaux spots. Les petites locations bord de mer en NZ et aux USA car le camping sauvage est très (trop) réglementé à notre goût.

Le parcours et les pays traversés
en 2 temps ?

Pour l’itinéraire de l’Asie centrale en 5 mois, nous avons limité le nombre de frontières, choisi des pays en paix, où peu de visas sont nécessaires. Cela nous a fait éviter l’Ukraine, et privilégier les pays Baltes, la Russie, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan comme l’écrivent les locaux. Nous avons aussi évité le Tadjikistan, trop près de l’Afghanistan. Il y a eu un attentat et 4 morts quand nous étions au Kirghizistan. Les monts à plus de 7000m, les lacs d’altitude, les grands espaces, et des villes agréables comme Osh ou Karakol, nous ont comblés de bonheur. Pour le second trip de 6 mois, nous avons pris un billet d’avion tour du monde, le prix est intéressant, et avons alterné le tourisme urbain et culturel comme Tokyo, le magnifique musée de Kyoto, Hongkong, Christchurch et Wellington en NZ, avec le musée Te Papa, Melbourne et Sidney, San Francisco. Nous n’avons pas voulu multiplier le nombre de pays afin de ralentir le temps le plus possible. Les grands espaces Néozélandais, Australiens, et l’Ouest Américain avec ses parcs tous plus beaux les uns que les autres nous ont permis de nous imprégner de lieux vertigineux et de profiter de l’amabilité des peuples visités.

Comment avez-vous vécu ce voyage à 2 en permanence ?

Un voyage long, à deux en permanence est une expérience particulière. Et je peux dire que cela n’a été d’aucune difficulté, nous savions que notre entente était rodée dans cette proximité extrême. Nos échanges avec la famille, fréquents par internet, nous ont permis de réduire les distances. La technologie a du bon. Bien sûr la famille, les amis nous ont manqué, malgré la visite de deux couples d’amis qui ont fait le voyage pour nous retrouver. A Bichkek pour l’un et à Auckland pour l’autre. Comme à l’accoutumée nous avons profité des petits dej. au lit, écouté la nature, vu ce que les hommes construisent de beaux. Nous étions heureux.

A quand le prochain départ et quel projet ?

Il y a les virées moto entre garçons, chaque année, mais le prochain hiver nous pensons à quelques semaines à Tahiti, retrouver nos amis, et enfin découvrir cette magnifique Polynésie. Avec notre véhicule préféré, nous préparons un périple en Mongolie, mais sur plusieurs mois. La date n’est pas fixée. Je dirais à ceux qui hésitent encore et qui ont la chance de pouvoir larguer les amarres, faites-le, en prenant votre temps, vous ne regretterez pas !

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